Une souris dans ma cuisine

Les péripéties culinaires d’une Québécoise en Suisse

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Mots-clés: feuille de laurier

Un lapin, mais pas en chocolat…

31 mars 2010 | Viandes

Je ne sais plus quand j’ai goûté mon premier lapin. Je suis certaine que ce n’était pas quand j’habitais chez mes parents. Je me rappelle, cependant, que ma mère avait déjà préparé du lièvre en disant à mon frère que c’était du coq… Et oui, les expérimentations culinaires n’ont jamais été facile pour ma mère : mon frère et moi qui étions plus que difficile et pas pour les mêmes aliments pour compliquer les choses.

Bref, comment est atterri le lapin dans nos assiettes : je n’en ai aucune idée, mais j’aime bien cuisiner cette viande qui est très tendre. En plus, elle n’est pas difficile à préparer, il suffit de la saisir et de la laisser mijoter dans un liquide comme pour un ragoût. La recette la plus connue est sans doute le lapin à la moutarde, mais puisque c’est la saison des sucres au Québec, je préfère vous proposer une recette de lapin au sirop d’érable. Cette recette est tirée d’une des premières revues des Saisons de Clodine (aujourd’hui, l’émission s’appelle Tout simplement Clodine).

Une patte ou une cuisse de lapin?
Lapin à l’érable de Clodine
Pour 3 personnes

½ lapin, coupé en morceaux*
3 cuillères à soupe de farine
2 cuillères à soupe de beurre
1 cuillère à soupe d’huile végétale au choix
5 tranches de bacon ou de lard à griller**
2 échalotes
½ cuillère à thé d’ail en poudre
½ cuillère à thé de romarin séché
½ cuillère à thé de thym séché
1 feuille de laurier
2 tasses ou 500 g de bouillon de poulet
½ tasse ou 125 g de vin blanc
½ tasse ou 125 g de sirop d’érable ou de miel***
Sel et poivre

Dans un premier temps, couper le bacon en lardons et hacher les échalotes.

Dans un bol, déposer la farine et enfariner les morceaux de lapin.

Dans un grand chaudron, faire cuire doucement les morceaux de bacon. Quand les lardons sont cuits, retirer les morceaux de bacon du chaudron en laissant la matière grasse pour faire revenir la viande. Réserver les lardons.

Dans le même chaudron, ajouter l’huile et le beurre selon les besoins. Dans les corps gras bien chauds, faire dorer la viande sur toutes les faces. Saler et poivrer la viande pendant la cuisson. Quand la viande est dorée, retirer du chaudron et réserver. Déposer les échalotes dans le chaudron et les faire revenir. Remettre le lapin et les morceaux de bacon dans le chaudron, ajouter l’ail en poudre, le romarin, le thym, la feuille de laurier, le vin et le bouillon de poulet. Porter à ébullition, couvrir et laisser mijoter à feu doux pendant 1 heure à 1 heure et demi ou jusqu’à ce que la viande se détache facilement des os.

Retirer les morceaux de lapin du chaudron et les réserver au chaud en les couvrant d’un papier d’aluminium.

Ajouter le sirop d’érable au jus de cuisson et à feu élevé, faire réduire la préparation pour obtenir une sauce sirupeuse. Goûter et rectifier l’assaisonnement au besoin. Servir les morceaux de lapin nappés de sauce.

*Il est possible de réaliser la recette en utilisant un lapin entier sans modifier les proportions des autres ingrédients. En Suisse, je trouve facilement des demi-lapins découpés en morceaux. Si vous avez des difficultés à trouver du lapin ou du lapin découpé, pensez à contacter un boucher de votre région : il pourra vous en commander un et le découper pour vous.
**Il est possible de remplacer le bacon ou le lard à griller par un morceau de lard (environ 50 g) découpé en dés.
***Dans la recette originale, il utilisait ¾ de tasse (180 g) de sirop d’érable. Personnellement, je trouvais le plat un peu trop sucré, j’ai donc réduit la portion. Il est toujours possible de remplacer en partie ou en totalité le sirop d’érable par du miel ou de la mélasse.

En cette période des sucres, j’aimerais vraiment être au Québec pour me sucrer le bec dans une de ces jolies érablières. Pour les Européens, c’est le seul moment (pour la plupart des gens) et endroit (la cabane à sucre) dans l’année où l’on met du sirop d’érable partout. Sinon, est-ce que vous avez déjà mangé du lapin? Comment l’apprêtez-vous?

Tête à tête

11 octobre 2009 | Viandes

Je savais que ce tête à tête serait long, pénible, fatiguant et éreintant. Je l’ai retardé autant que possible. Des jours, des semaines et des mois sont passés. Je savais que plus j’attendais, plus ce serait ennuyant. Et voilà, je me suis enfin décidée : je me suis lancée dans le nettoyage de mon four!

Le four suisse (et européen) présente des avantages et des inconvénients comparativement à son cousin québécois (ou canadien et américain). Il est plus petit, donc moins de surface à nettoyer et aussi moins de place pour se retourner. L’élément du fond est caché, donc une surface de plus à nettoyer au lieu de glisser un papier d’aluminium qu’on retire quand il est trop sale. Le seul point commun des deux, c’est que le nettoyage est toujours aussi désagréable…

Après avoir fini cette tâche, il fallait bien que j’utilise mon four tout propre. J’ai fait un osso buco selon une recette de Ricardo. Je sais encore lui, mais avec ses recettes, on se trompe rarement. J’ai testé plusieurs de ses recettes et je n’en ai raté qu’une seule sur tout le lot. En plus, je suis sûre que c’est ma faute et non celle de la recette (rire).

Osso buco et brunoise de légumes
Osso buco selon Ricardo
Pour 3 personnes

3 tranches de jarret de veau (plus de 450 g)
3 cuillères à soupe de farine ou plus si nécessaire
2 échalotes ou 1 oignon*
1½ tasse ou 375 g de vin blanc
1½ tasse ou 375 g de sauce tomate**
1 courgette
2 ou 3 carottes
2 cuillères à soupe de pâte de tomate
1 tasse ou 250 g de bouillon de boeuf
2 feuilles de laurier
1 cuillère à thé de thym séché
Huile d’olive
Sel et poivre

Préchauffer le four à 180°C (350°F).

Couper en dès, les carottes, la courgette et les échalotes, réserver.

Dans un bol, mettre la farine et enfariner les jarrets de veau. Verser un peu d’huile dans un chaudron allant au four. Déposer les jarrets de veau et les faire dorer. Saler et poivrer. Quand les jarrets sont dorés sur les deux faces, les retirer du chaudron et les garder de côté. Essuyer le chaudron avec un papier absorbant, verser un peu d’huile et faire revenir les échalotes jusqu’à ce qu’ils soient transparents. Déglacer avec le vin. Ajouter la sauce tomate, la viande, la courgette, les carottes, la pâte de tomate, le bouillon de boeuf, les feuilles de laurier et le thym. Saler et poivrer.

Porter le tout à ébullition, couvrir et cuire 45 minutes. Après ce temps, réduire la température du four à 160°C (325°F) et poursuivre la cuisson 1 heure. Avant de servir, goûter et rectifier l’assaisonnement si nécessaire.

*Je vous propose souvent d’utiliser des échalotes, mais vous pouvez les remplacer par des oignons. Je ne suis pas encore une grande adepte des oignons (j’y travaille, avant je ne mangeais même pas d’échalote).
**Vous pouvez remplacer la sauce tomate par une boîte de tomates de 540 ml (19 oz ou d’environ 450 g).

Avant d’enfourner mon plat, j’ai quand même glissé une feuille d’aluminium dans le fond du four. Il n’y a pas eu de dégât, ouf! Je l’ai laissé en place, c’est drôle de voir la feuille voleter quand j’utilise la chaleur tournante. Et vous, comment nettoyez-vous votre four : avec l’auto-nettoyant de votre four, c’est quelqu’un autre qui s’en charge ou hélas vous devez le faire vous même?

D’osso buco à canard, il n’y a qu’un pas

4 octobre 2009 | Volailles

J’ai beau avoir une liste de recettes pris sur Internet qui en effrayeraient plus d’un, il y a quand même des jours où je ne sais pas quoi faire. Dans ces cas-là, j’achète une pièce de viande selon l’envie et je brode autour pour réaliser le repas. Ma première idée était de faire un osso buco et au final, j’ai pris un magret de canard et une mangue. À l’épicerie, je m’étais dit que je pourrais faire cuire la mangue au four. Cependant au moment de cuisiner mon magret, j’opte pour une cuisson à basse température et de faire une sauce au vin en accompagnement. Je ne sais pas pour vous, mais je me voyais mal intégrer une mangue dans ce nouveau menu. Bref, j’ai laissé tomber la mangue.

Pour cette recette, j’ai pris le mode de cuisson sur le site Pagaïe, sors de la cuisine de Jean-Marc. Sa méthodologie de cuisson et sa recette originale sont ici, mais j’ai préféré faire une sauce à ma façon (oui, c’est une petite création de ma part).

Tendre et moelleux
Magret de canard cuit à basse température
et sa sauce au vin rouge et au citron

Pour 3 personnes

1 magret de canard ou 1 poitrine de canard d’environ 300 g
6 tasses ou 1,5 litre de bouillon de poulet
2 feuilles de laurier
½ cuillère à thé de thym*
½ cuillère à thé de romarin
1 échalote
1 cuillère à soupe de sucre
1 cuillère à soupe de vinaigre de balsamique ou de cidre**
½ tasse ou 125 g de vin rouge
1 ou 2 cuillères à soupe de marmelade de citron ou d’orange douce***
1¼ tasse ou 300 g de bouillon de poulet
1 cuillère à thé de fécule de maïs
Sel et poivre

Préchauffer le four à 65°C (150°F).

Dans un premier temps, hacher l’échalote, réserver. Ensuite, dégraisser le magret de canard (enlever la peau).

Dans un chaudron allant au four, verser les 6 tasses (1,5 litre) de bouillon de poulet, le thym, le romarin et les feuilles de laurier. Porter le tout à ébullition. Dès que le mélange bout, retirer du feu et placer un thermomètre dans le liquide. Laisser la température descendre à 75°C (170°F), déposer le magret dans le bouillon et enfourner pendant 30 minutes.

Dans une poêle à feu doux, déposer la peau du magret de canard. La laisser fondre pour récupérer environ 1 cuillère à soupe de gras de canard. Retirer la peau de la poêle et faire revenir l’échalote dans ce corps gras. Saupoudrer de sucre et le laisser colorer pour obtenir un caramel doré. Déglacer avec le vinaigre. Ajouter le vin rouge et la marmelade. Laisser réduire de moitié avant d’ajouter 1 tasse (250 g) de bouillon de poulet. Laisser mijoter doucement. Mélanger la fécule de maïs avec le restant de bouillon de poulet et verser dans la sauce quand il reste 5 minutes de cuisson à viande.

À la sortie du four, retirer le magret du bouillon et le trancher. Napper de sauce et servir.

*Il est possible d’omettre le thym, le romarin et les feuilles de laurier. Vous pouvez également parfumer le bouillon avec du gingembre, de la cannelle, de l’anis étoilé, de l’oignon, etc. Le magret de canard va s’imprégnier de ces goûts.
**Prenez le vinaigre (de framboise, de vin, etc.) que vous avez sous la main, mais évitez si possible le vinaigre blanc.
***En Suisse, j’ai découvert la marmelade d’orange amère et je n’aime pas le goût. Je n’ai pas trouvé de marmelade d’orange douce, alors j’ai pris de la marmelade de citron. Vous pouvez utiliser une autre marmelade d’agrumes, une gelée ou une confiture. Changer les parfums en prenant une gelé de pommes ou une confiture d’abricot.

Pour le moment, j’ai une mangue esseulée dans mon réfrigérateur et je n’ai aucune idée de comment elle va finir. Et vous, vous avez une idée?

Viande au carré

31 mai 2009 | Viandes

Certains prétendent que la viande est le meilleur légume… J’aime bien cette idée. Il faut dire qu’il y a plusieurs légumes avec lesquels j’ai de la difficulté à sympathiser. J’y travaille, mais il y a des jours où c’est moins évident. Cependant avec la viande, là, je suis moins difficile. Tant que la viande est bien apprêtée, c’est bon… il y a quand même des pièces de viandes que j’apprécie moins, mais qui peut dire qu’il aime tout.

Dans une famille, les goûts des uns déterminent ce que les autres vont manger. Par exemple, ma mère a toujours refusé de préparer de l’agneau disant que ça goûte la « laine ». Dire que je rêve de manger un gigot d’agneau! Par contre un gigot d’agneau à deux, ça fait un peu, beaucoup. Bref pour découvrir l’agneau, je me suis rabattue sur le carré d’agneau. C’est une viande un peu plus goûteuse que le boeuf, mais moins forte que certaines viandes « sauvages ».

Pour le découvrir ou l’apprêter d’une nouvelle façon, je vous propose une recette de Curieux Bégin (la recette originale est fait avec du cerf), mais avec la méthode de cuisson de Louis-François Marcotte, Le goût de Louis.

Carré d'agneau et sa robe rubis
Carré d’agneau sauce au vin rouge
Pour 2 personnes

1 carré d’agneau d’environ 300 à 350 g
1 échalote hachée
1 cuillère à thé de poudre d’ail ou 1 gousse d’ail haché
3 cuillères à soupe de bolets séchés et émiettés*
1 tasse ou 250 g de vin rouge
¾ de tasse ou 180 g de bouillon de boeuf ou de fond de veau
1 feuilles de laurier
½ cuillère à thé de thym séché
½ cuillère à thé d’origan séché
Beurre et huile pour la cuisson
Sel et poivre

Préchauffer le four à 230°C (450°F).

Dans une poêle, faire fondre le beurre et ajouter un peu d’huile. Saisir rapidement la viande de tous les côtés. Déposer le carré d’agneau sur une plaque de cuisson. Saler et poivrer la viande avant de l’enfourner pendant 10 minutes**.

Pendant ce temps, jeter le gras de la poêle et rajouter un peu de beurre et d’huile. Faire revenir l’échalote et l’ail. Ajouter la feuille de laurier, le thym et l’origan. Déglacer avec le vin et laisser réduire de moitié. Ajouter le bouillon de boeuf et les champignons, poursuivre la réduction. Saler et poivrer.

Découper la viande et servir accompagner de la sauce.

*Il est possible de remplacer les bolets séchés par d’autres champignons déshydratés. Rajouter des champignons frais si désiré et faites-les revenir avec l’échalote.
**Si la cuisson de votre viande est achevée avant votre sauce, sortez-la viande du four et emballez-la dans du papier d’aluminium pour la laisser reposer en attendant.

C’est une recette assez rapide, si vous êtes pressé et que vous avez le temps d’anticiper, préparez la sauce à l’avance et conservez-la au réfrigérateur.