Une souris dans ma cuisine

Les péripéties culinaires d’une Québécoise en Suisse

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Catégorie: Suisse

J’oublie un, mais pas l’autre…

1 août 2010 | Pain et viennoiserie, Suisse

Cette année pour la Saint-Jean-Baptiste, je n’ai rien fait de particulier… même pas un petit dessert ni de poutine pour souligner cette fête. On se rattrapera l’année prochaine. Il aurait pu en être de même pour le 1er août, la fête nationale de la Suisse. C’était sans compter sur mon chéri.

Depuis plus d’une semaine, la grande question est de savoir s’il y aura des feux d’artifice ou non. Était-ce un message subtil pour me rappeler la fête nationale? Je ne crois pas, mais pourquoi ne pas vous proposez une recette suisse en cette occasion. Cette année, j’ai opté pour un pain de seigle style valaisan. Le pain de seigle valaisan est particulièrement dense sans être sec, il a même une AOC! C’est un pain difficile à reproduire à mon avis, mais cette recette de l’Agence d’information agricole Romande, tiré du livret La cuisine au four des paysans suisses, s’en rapproche grandement.

Un pain dense à déguster en tranche fine
Pain de seigle style valaisan
Pour 1 pain

Pâte fermentée
1 tasse ou 125 g de farine de seigle
1 tasse ou 250 g d’eau tiède
¼ de cuillère à thé ou 1,5 g de levure sèche ou 5 g
  de levure fraîche

Pâte
1¾ tasse ou 225 g de farine de seigle
¼ de tasse ou 25 g de farine complète ou blanche
1 cuillère à thé de sel
¼ de cuillère à thé ou 1,5 g de levure sèche ou 5 g
  de levure fraîche

Pâte fermentée
Dans un bol, délayer la levure dans l’eau. Incorporer la farine de seigle et bien mélanger. Couvrir d’une pellicule plastique et laisser reposer à température ambiante pendant au minimum 12 heures.

Pâte
Le lendemain, incorporer la levure dans la pâte fermentée. Ajouter la farine de seigle, la farine complète ou blanche et le sel. Pétrir la pâte sur un plan légèrement enfariné pendant 10 minutes. Ne pas ajouter de farine, la pâte va devenir moins collante au cours du pétrissage. Déposer la pâte dans un bol, couvrir d’une pellicule plastique et laisser lever à température ambiante pendant 1 ou 2 heures ou jusqu’à ce que la pâte ait doublée de volume et se déchire légèrement.

À l’aide de la main, dégonfler la pâte et façonner le pain en boule. Déposer la pâte sur une plaque de cuisson recouverte de papier parchemin. Couvrir et laisser lever pendant 45 minutes à 1 heure.

Préchauffer le four à 220°C (425°F).

Enfourner le pain et cuire pendant 40 à 50 minutes. À la sortie du four, laisser totalement refroidir le pain avant de déguster.

J’adore le pain de seigle avec un peu de beurre salé, c’est irrésistible! Si vous avez la possibilité, je vous conseille vivement de goûter le pain de seigle valaisan AOC. Bon 1er août!

Des biscuits suisses…

9 décembre 2009 | Biscuits et gâteaux, Suisse

Chaque pays a ses traditions pour Noël, surtout lorsqu’on parle de pâtisseries et de sucreries. Je me suis demandé quelles étaient les spécialités suisses en cette période. Je n’ai pas eu à réfléchir longtemps avant de voir surgir à mon esprit les leckerlis, les merveilles et les bricelets.

Ici, je vais m’attarder au dernier cité : les bricelets. C’est une sorte de gaufrettes très minces qui peut être sucrée ou salée. Il existe beaucoup de recettes différentes : chaque famille suisse (ou presque : Est-ce que le bricelet est présent dans tous les cantons?) possède sa variation. Sachez que si vous proposez des bricelets à un Suisse ou une Suissesse, il vous dira certainement que c’est sa grand-mère (ou grand-maman) qui fait les meilleures. Ne vous inquiétez pas, les Suisses ont aussi l’esprit de famille… par moment du moins.

Cette recette est une adaptation de plusieurs autres. J’aime bien cette version, car elle demande peu d’ingrédients et ceux-ci se retrouvent habituellement dans nos cuisines. J’ai fait une petite expérience : comme ce n’est pas tout le monde qui possède un fer à bricelet (ou à gaufrette), j’en ai fait cuire quelques uns au four. La couleur, la texture et le goût sont légèrement différents, mais c’est une alternative intéressante. À vous de voir.

Bricelets au fer, bricelets au four
Bricelets
Pour 24 biscuits

1 tasse ou 120 g de farine
⅔ de tasse ou 120 g de sucre
⅔ de tasse ou 160 g de crème à 35 % ou entière*
½ tasse ou 125 g d’eau
3 cuillères à soupe de vin blanc
1 pincée de sel

Dans un bol, mélanger la farine, le sucre et le sel. Incorporer la crème, l’eau et le vin blanc. Fouetter jusqu’à ce que la préparation soit homogène. La pâte devrait être assez liquide : semblable à une pâte à crêpe.

Pour la cuisson dans un fer à gaufrettes ou à bricelets, faire chauffer l’appareil. Verser l’équivalent de 2 cuillères à soupe de pâte, refermer l’appareil et cuire pendant 1 minute et demi ou jusqu’à ce que la pâte soit dorée. Le temps peut varier selon le type de fer. Retirer le bricelet du fer, il sera mou et très flexible, le déposer sur un papier ménage, un essuie-tout ou un linge propre** et l’enrouler sur un crayon ou sur un autre support de forme cylindrique. Utiliser le linge pour rouler les biscuits et pour éviter les brûlures. Laisser refroidir pendant 1 minute, retirer le crayon et déposer sur une assiette. Recommencer jusqu’à épuisement de la pâte.

Pour le cuisson au four, préchauffer le four à 180°C (350°F). Sur une plaque de cuisson recouverte de papier parchemin, verser 1½ cuillère à soupe de pâte et l’étaler pour former un cercle d’environ 9 cm (3½ pouces) de diamètre. Au début, préparer 3 à 4 biscuits par fournée. Enfourner et cuire pendant 8 à 9 minutes ou jusqu’à ce que les contours des biscuits soient dorés. Retirer un biscuit de la plaque et le déposer sur un papier ménage, un essuie-tout ou un linge propre et l’enrouler sur un crayon ou sur un autre support de forme cylindrique. Utiliser le linge pour rouler les biscuits et pour éviter les brûlures. Procéder ainsi avec tous les biscuits de la plaque avant qu’ils aient refroidis. Quand les biscuits ont durci, retirer le crayon et les déposer sur une assiette. Recommencer de nouvelles fournées jusqu’à épuisement de la pâte.

Conserver les bricelets dans une boîte en métal ou hermétique et à l’abri de l’humidité. Dans ces conditions, ils peuvent se conserver pendant plusieurs mois sans bouger.

*Vous pouvez utiliser de la double crème ou de la crème épaisse. Dans ce cas, réduire la quantité de crème et augmenter la quantité d’eau et de vin. Utiliser l’un des deux mélanges pour liquifier légèrement la crème.
**Quand vous retirez le bricelet du fer ou de la plaque de cuisson, ne le poser pas sur une assiette de verre ou de porcelaine. Le choc thermique le fera durcir et il sera difficile, voire impossible à rouler.

Évidemment, vous n’êtes pas obligé de rouler vos bricelets : vous pouvez les plier en deux, les transformer en coupelle ou les laisser tel quel… mais les rouler, c’est quand même ce qu’il y a de mieux pour la dégustation.

Galettes croustillantes suisses

13 septembre 2009 | Légumes, Suisse

Il y a déjà un petit moment que je ne vous ai pas proposé de recette suisse. J’avoue, je ne me concentre pas uniquement sur cette cuisine; je trouve tellement de recettes à essayer ici et là que je ne me limite pas.

Vous connaissez peut-être les röstis, c’est galettes de pommes de terre cuites dans la poêle. Même dans certaines grandes épiceries québécoises, on trouve des préparations de rösti. Ici, je vous propose des röstis au four (Plain in Pigna en romanche, je crois), une spécialité des Grisons. Cette recette est tirée du livre Spécialités suisses de Betty Bossi.

Croustillant à souhait!
Rösti au four
Pour 2 personnes

400 g ou 3 pommes de terres moyennes
1½ cuillère à soupe de farine
½ cuillère à thé de sel
150 g de lardons ou 6 tranches de bacon*(facultatif)
1 cuillère à soupe de beurre ou de margarine
Poivre au goût
Muscade moulue au goût

Préchauffer le four à 200°C (400°F).

Éplucher et râper les pommes de terre. Déposer la chair râpée dans un bol, ajouter la farine, le sel, le poivre et la muscade et bien mélanger. Incorporer ⅔ des lardons dans la préparation.

Beurrer ou huiler légèrement une plaque de cuisson. Étaler les pommes de terre en une ou plusieurs galettes**. Répartir le beurre en petits morceaux sur la préparation et enfourner pendant 40 minutes ou jusqu’à ce que la surface soit bien dorée.

*Lorsque j’ai réalisé cette recette, je n’avais ni lardon ni bacon à ma disposition. La recette originale en contient, mais le résultat est tout aussi intéressant malgré cette omission.
**Je vous conseille de réaliser plusieurs röstis, ce qui vous facilitera la vie au moment du service. Vous pouvez faire des galettes de pommes de terre plus ou moins épaisse : plus elles sont minces, plus elles seront croustillantes et plus elles sont épaisses, plus elles seront moelleuses à l’intérieur et croustillantes à l’extérieur.

Pour votre information, le cantons des Grisons (Graubünden en allemand) est celui situé le plus à l’Est de la Suisse. Ses frontières touchent le Liechtenstein, l’Autriche et l’Italie. C’est également le plus grand des cantons suisses. En prime, c’est le seul canton trilingue avec l’allemand, l’italien et le romanche (cette dernière est un mélange de dialecte). Ce canton est également reconnu pour sa viande séchée, miam!

Une brioche tressée…

23 août 2009 | Pain et viennoiserie, Suisse

C’est sans doute une des premières spécialités suisses que j’ai gouté : la tresse. Cette pâtisserie n’est ni un pain ni une brioche, mais un mélange entre les deux. À déguster à tout moment : le matin avec de la confiture et pour le goûter avec du chocolat!

Cette recette est une adaptation de mon chéri. Après quelques expérimentations, il a développé cette façon de faire… Il existe plusieurs recettes de tresse : celle-ci va peut-être surprendre certains Suisses et Suissesses par sa quantité de beurre, de sucre et sa seule et unique levée, mais je n’en ai pas goûté de meilleure pour l’instant.

Tresse suisse
Tresse de Monsieur
Pour 8-10 portions

2 tasses ou 250 g de farine
¼ de cuillère à thé de sel
3 cuillères à soupe de sucre
¼ de tasse ou 50 g de beurre ramolli
1 cuillère à thé de levure sèche
½ tasse ou 120 g de lait tiède
1 jaune d’oeuf pour la dorure

Dans un bol, mélanger la farine, le sel, le sucre, le beurre et la levure. Ajouter, ensuite, petit à petit le lait. Pétrir la pâte pendant 10 minutes.

Diviser la pâte en deux et façonner des boudins de même dimension. Disposer les boudins de pâte en croix. En alternance, croiser le brin du haut avec celui du bas et croiser le brin de droite avec celui de gauche. Le brin du haut se ramasse en bas, le brin du bas se retrouve en haut, le brain de gauche se ramasse en haut et le brin de droite se retrouve à gauche*. Terminer le façonnage en repliant les extrémités des boudins sous la tresse**.

Déposer la tresse sur une plaque de cuisson recouverte d’un papier parchemin. Laisser lever la tresse dans un endroit chaud et humide pendant 1 heure à 1 heure et demi.

Préchauffer le four à 165°C (325°F).

Badigeonner la tresse avec l’oeuf et cuire pendant 25 minutes.

*Vous pouvez également façonner votre tresse en utilisant 3 boudins ou faire un autre façonnage comme ici et .
**Avec cette recette, vous pouvez réaliser 1 ou 2 tresses (ou encore plusieurs en portions individuelles). Si vous êtes peu nombreux à la maison, je vous conseille de réaliser 2 tresses, elles se conservent mieux quand elles ne sont pas entâmées.

Alors qu’en pensez-vous?

Comme promis : une recette suisse

8 août 2009 | Desserts, Suisse

J’ai trouvé quelques recettes suisses à vous faire découvrir sans parler des quelques préparations de mon chéri et de sa famille. Mais avant toute chose, un peu d’information sur la Suisse.

La Suisse (ou la Confédération Helvétique) est un pays entouré par la France, l’Allemagne, l’Autriche, le Liechtenstein et l’Italie. C’est la ville de Berne (ou Bern) qui est la capitale. Elle possède quatre langues officielles : l’allemand, le français, l’italien et le romanche (un mélange de dialectes). La taille du pays est de 41 285 km² : pour vous donner une idée plus précise, la Suisse rentre environ 60 fois dans la France et la France rentre 3 à 4 fois dans le Québec. La Suisse est aussi divisée en 26 cantons (l’équivalent des provinces au Canada). Certains cantons sont même composés de demi-cantons. Le système politique est particulièrement intéressant puisque les partis politiques doivent collaborer; il n’y a pas de parti au pouvoir ni de parti d’opposition. Pour en savoir un peu plus, cliquez ici.

La recette d’aujourd’hui vient du canton de Saint-Gall (Sankt Gallen en allemand). C’est un canton situé au Nord-Est de la Suisse et qui parle principalement allemand. Plus précisément, la recette est originaire de Toggenbourg (Toggenburg), une ville située à un peu plus de 80 km de Zürich pour vous situez un peu. Voici donc la recette de tarte aux poires de Toggenbourg que j’ai trouvé sur le site de l’Agence d’information agricole Romande, La cuisine au four des paysans suisses.

Tarte bien dorée
Tarte aux poires du Toggenbourg
Pour 6 personnes

Pâte
1 tasse et 1 cuillère à soupe ou 140 g de farine
1 cuillère à thé de poudre à pâte ou de levure chimique
⅓ de tasse ou 70 g de beurre non salé
1 cuillère à thé de sel ou moins*
¼ de tasse ou 60 g de lait

Garniture
3 poires** (ou 225 g)
1½ cuillère à soupe de sucre
½ cuillère à thé de cannelle
1 pincé de clou de girofle moulu
½ cuillère à soupe de kirsch ou un autre alcool de fruits (facultatif)

Liaison
½ tasse ou 112 g de double crème***
½ tasse ou 112 g de lait
1¼ de cuillère à soupe de fécule de maïs
½ oeuf ou 1 très petit oeuf
½ cuillère à soupe de sucre vanillé (ou ½ cuillère à soupe de sucre et ¼ de cuillère à thé d’extrait de vanille)

Remplir un chaudron d’eau et porter à ébullition. Pendant ce temps, éplucher les poires, en retirer le coeur et les couper en quartiers. Déposer les morceaux de poire dans une marguerite (ou un cuit vapeur) ou directement dans l’eau bouillante et cuire 20 minutes. Égoutter et laisser refroidir.

En attendant, préparer la pâte à tarte. Dans un bol, mélanger la farine, le sel et la poudre à pâte. Ajouter le beurre coupé en morceaux et l’incorporer à l’aide d’un coupe-pâte ou de deux couteaux afin d’obtenir une texture granuleuse. Verser le lait (¼ de tasse ou 60 g) peu à peu jusqu’à ce que la pâte forme une boule. Ajouter du lait au besoin. Enfariner légèrement le plan de travail et abaisser la pâte. Placer la pâte dans un moule à tarte d’environ 18 à 20 cm ( 7 à 8 po) de diamètre. Prévoir un moule à tarte avec un rebord assez haut de préférence. Placer le moule avec la pâte au réfrégérateur.

Préchauffer le four à 200°C (400°F).

Une fois les poires refroidies, les réduire en purée à l’aide d’un robot (blender) ou d’un pilon à pomme de terre. Ajouter la cannelle, le clou de girofle, le sucre et le kirsch. Verser la préparation sur la pâte à tarte.

Préparer la liaison. Dans une tasse ou un petit bol, diluer la fécule de maïs dans un peu de lait. Dans un autre bol, mélanger l’oeuf, la double crème, le sucre vanillé et le restant de lait. Ajouter le mélange de lait et de fécule de maïs avant de verser sur la garniture de poire. Enfourner pendant 30 à 35 minutes ou jusqu’à ce que le dessus soit bien doré. Laisser refroidir et déguster.

*La quantité de sel dans la pâte est assez élevée, mais avec la garniture et la liaison le goût est très équilibré. Cependant, vous pouvez quand même réduire la quantité de sel.
** Dans la recette originale, il propose d’utiliser 225 g de poires, ce qui correspond à 2 grosses poires, je vous propose d’augmenter la quantité de poires à 3 fruits (300 g) pour avoir une garniture un peu plus importante dans la tarte.
***La double crème est une crème à 45% de matière grasse et elle est très épaisse. Elle a une texture semblable au fromage à tartiner. Au Québec, il n’est peut-être pas évident de trouver son équivalent. Dans ce cas, remplacer le lait et la double crème par 1 tasse (225 g) de crème à fouetter 35%.

J’espère que cela vous a plu. Je vais certainement renouveler l’expérience. Est-ce que ça vous intéresse?